Microplastiques dans les laboratoires cliniques : anticiper les futures exigences de conformité

Veolia Water Technologies
par Veolia Water Technologies
29 juin 2026
6 minutes pour lire
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    Gérer les microplastiques dans les laboratoires cliniques pour anticiper les futures exigences de conformité

    Un seul test PCR peut utiliser jusqu’à 30 grammes de plastique1. Rapporté au volume quotidien de tests réalisés dans un laboratoire d’analyses cliniques, ce chiffre illustre l’ampleur de l’impact environnemental.

    Les matériaux plastiques à usage unique restent indispensables au fonctionnement des laboratoires d’analyses cliniques, car ils garantissent la stérilité, la sécurité et la précision analytique. Toutefois, l’impact environnemental de cette dépendance est de plus en plus reconnu par les professionnels du laboratoire, puisque 84 % d’entre eux recherchent activement des moyens de réduire l’empreinte écologique de leurs installations2.

    Si l’attention s’est longtemps portée sur les déchets de laboratoire visibles, tels que les embouts de pipette, les tubes, les plaques et les emballages, les préoccupations se tournent de plus en plus vers les microplastiques. Ces particules sont depuis longtemps identifiées comme des contaminants environnementaux persistants et suscitent désormais une attention croissante en raison de leurs effets potentiels sur les écosystèmes et la santé humaine3,4.

    À mesure que les connaissances scientifiques progressent, les autorités réglementaires mettent en place des contrôles plus stricts sur l’utilisation et le rejet des microplastiques. Les applications cliniques et de diagnostic in vitro (IVD) bénéficient actuellement de certaines exemptions au titre de la législation en vigueur, mais celles-ci s’accompagnent d’exigences de reporting et pourraient, à terme, évoluer vers des obligations imposant la réduction, la captation ou l’élimination des microplastiques5.

    Par conséquent, de nombreux laboratoires d’analyses cliniques commencent à évaluer leur contribution aux émissions de microplastiques et à explorer des mesures concrètes pour réduire leur impact environnemental en gérant mieux ces polluants.

    Comprendre les microplastiques dans les eaux usées des laboratoires cliniques 

    Les eaux usées générées par les laboratoires d’analyses cliniques contiennent un mélange complexe et variable de substances, reflétant la diversité des procédures analytiques, des réactifs, des consommables et des échantillons biologiques traités chaque jour. Outre les résidus pharmaceutiques, les agents pathogènes et les traces de métaux, les effluents de laboratoire peuvent également contenir des microplastiques, ce qui pose des défis supplémentaires en matière de gestion des eaux usées.

    Les microplastiques sont définis comme des particules plastiques insolubles mesurant moins de 5 millimètres de diamètre, tandis que les nanoplastiques sont nettement plus petits et se situent à l’échelle submicronique6. Ces contaminants sont généralement classés en deux catégories :

    Les microplastiques primaires sont des particules fabriquées intentionnellement, dotées de propriétés physiques ou chimiques spécifiques et conçues pour remplir des fonctions industrielles ou scientifiques précises.

    Les microplastiques secondaires résultent de la dégradation d’objets plastiques de plus grande taille sous l’effet de contraintes mécaniques, d’une exposition chimique ou de la dégradation environnementale.

    Figure adaptée de l’Illinois Environmental Protection Agency.7

    Dans les laboratoires d’analyses cliniques, ces deux catégories peuvent se retrouver dans les flux d’eaux usées au cours des opérations analytiques de routine8.

    Les microplastiques primaires peuvent être introduits lors du traitement des analyses, des cycles de nettoyage des équipements et des procédures de rinçage des systèmes. Parmi les exemples, on peut citer :

    • Billes polymériques utilisées dans les immunodosages turbidimétriques.

    • Étalons et matériaux de contrôle qualité contenant des microparticules, conçus pour simuler des échantillons biologiques.

    • Technologies de capture à base de billes utilisées lors de la préparation des échantillons et des processus analytiques.

    Les microplastiques secondaires sont générés par la détérioration progressive des composants et consommables de laboratoire. Parmi les sources courantes, on peut citer :

    • L’exposition mécanique ou chimique d’articles à usage unique, tels que les embouts de pipette, les cartouches, les microplaques et les sondes, peut entraîner la libération de particules plastiques.

    • Dégradation progressive des composants réutilisables, notamment les tubulures, les réservoirs et les valves, exposés de manière répétée à des contraintes thermiques, mécaniques ou chimiques.

    Si ces particules ne sont pas captées avant le rejet des eaux usées, les laboratoires d’analyses cliniques contribuent à la libération de microplastiques dans les réseaux hydriques en aval, ce qui peut aggraver la contamination des milieux aquatiques en aval.

    Comprendre les impacts environnementaux et sanitaires des microplastiques

    L’une des principales préoccupations liées aux microplastiques réside dans leur persistance. Contrairement à de nombreux autres contaminants, ils ne se décomposent pas facilement et peuvent s’accumuler au fil du temps dans les rivières, les océans, la faune sauvage et même les tissus humains. Leur présence généralisée suscite des inquiétudes quant aux perturbations écologiques qu’ils peuvent engendrer, en particulier dans les milieux aquatiques, qui constituent la base de nombreuses chaînes alimentaires9. De plus, les microplastiques peuvent agir comme vecteurs d’autres polluants, notamment des composés chimiques et des micro-organismes qui se fixent à la surface des particules et peuvent ensuite être transportés à travers les systèmes aquatiques10,11.

    L’être humain peut être exposé aux microplastiques par plusieurs voies, notamment l’eau potable, l’alimentation et l’inhalation, ce qui en fait une question de santé publique. Bien que les recherches soient encore en cours, des études en laboratoire ont établi un lien entre l’exposition aux microplastiques et des réponses de stress cellulaire ainsi que des effets inflammatoires. Des données émergentes suggèrent également que les microplastiques peuvent offrir des surfaces favorables à la colonisation microbienne, contribuant potentiellement à la propagation de l’antibiorésistance10,12

    À mesure que la prise de conscience de ces risques progresse, les futures réglementations devraient accorder une importance croissante aux stratégies de prévention et d’élimination, et non plus au seul reporting.

    Exigences réglementaires : ce qui s’applique aujourd’hui et ce qui se profile à venir

    Dans l’Union européenne, la réglementation relative aux microplastiques est façonnée par l’interaction entre le cadre REACH, qui encadre les microparticules de polymères synthétiques ajoutées intentionnellement, et le règlement (UE) 2017/746 relatif aux dispositifs médicaux de diagnostic in vitro13.

    La législation actuelle restreint certaines catégories de microplastiques ajoutés intentionnellement, tout en maintenant des exemptions pour certaines applications cliniques et de diagnostic in vitro (IVD). Ces exemptions couvrent généralement des produits et accessoires tels que les kits de réactifs, les cartouches de test, les étalons, les contrôles et les consommables de préparation d’échantillons couramment utilisés dans les laboratoires de diagnostic.

    Néanmoins, le statut d’exemption ne supprime pas les responsabilités réglementaires des laboratoires cliniques. À partir de 2026 dans l’Union européenne, les fabricants et les utilisateurs en aval de produits contenant des microparticules de polymères synthétiques ajoutées intentionnellement devront soumettre à l’ECHA des rapports annuels détaillant les émissions estimées ainsi que les mesures mises en œuvre pour réduire les rejets dans l’environnement14.

    Le déploiement progressif des exigences REACH relatives aux microplastiques reflète une évolution du paysage réglementaire. Même si les calendriers de mise en application diffèrent selon les régions, la tendance de fond reste la même : l’attention des autorités se déplace progressivement au-delà des seules obligations de reporting, vers l’adoption de mesures efficaces de contrôle et de réduction.

    À mesure que la réglementation continue d’évoluer, les exemptions actuellement accordées aux laboratoires cliniques, centrées sur la transparence et la documentation, sont susceptibles de faire l’objet de réexamens supplémentaires. De nombreux experts du secteur recommandent donc aux laboratoires d’adopter des stratégies de gestion proactives plutôt que d’attendre l’émergence de futures obligations de conformité15.

    Pour les responsables de laboratoire, cela implique de réévaluer les pratiques de gestion des eaux usées, de renforcer les programmes de surveillance environnementale et de veiller à disposer d’une flexibilité suffisante pour répondre aux futures exigences en matière de reporting et de réduction. Les initiatives Environnementales, Sociales et de Gouvernance (ESG) devraient également accorder une importance croissante à la gestion et à la réduction des émissions de microplastiques.

    Se préparer à la prochaine phase de la réglementation

    Pour les laboratoires d’analyses cliniques, il s’agit de bien plus qu’un simple enjeu de conformité : c’est une opportunité d’adopter une gestion proactive des eaux usées, au service de la durabilité et de la pérennité des opérations. En intégrant dès aujourd’hui l’élimination des microplastiques à vos pratiques courantes, vous positionnez votre laboratoire comme un acteur de référence en matière de diagnostic responsable.

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    *Marque de Veolia ; peut être déposée dans un ou plusieurs pays.

    References

    1. Mansuy JM, Migueres M, Trémeaux P, Izopet J. Will the latest wave of the COVID-19 pandemic be an ecological disaster? There is an urgent need to replace plastic by ecologically virtuous materials. Health Sci Rep. 2022;5(5):e703. doi:10.1002/hsr2.703

    2. Black D. Twelve reasons for labs to go greener. Chemistry World. Accessed February 12, 2026. https://www.chemistryworld.com/opinion/twelve-reasons-for-labs-to-go-greener/4016387.article

    3. Ziani K, Ioniță-Mîndrican CB, Mititelu M, et al. Microplastics: A Real Global Threat for Environment and Food Safety: A State of the Art Review. Nutrients. 2023;15(3):617. doi:10.3390/nu15030617

    4. Winiarska E, Jutel M, Zemelka-Wiacek M. The potential impact of nano- and microplastics on human health: Understanding human health risks. Environ Res. 2024;251:118535. doi:10.1016/j.envres.2024.118535

    5. Commission Regulation (EU) 2023/2055 - Restriction of microplastics intentionally added to products - Internal Market, Industry, Entrepreneurship and SMEs. Accessed February 10, 2026. https://single-market-economy.ec.europa.eu/sectors/chemicals/reach/restrictions/commission-regulation-eu-20232055-restriction-microplastics-intentionally-added-products_en

    6. Cole M, Lindeque P, Halsband C, Galloway TS. Microplastics as contaminants in the marine environment: A review. Mar Pollut Bull. 2011;62(12):2588-2597. doi:10.1016/j.marpolbul.2011.09.025

    7. Microplastics. Accessed February 12, 2026. https://epa.illinois.gov/topics/water-quality/microplastics.html

    8. How Medical Devices Produce Microplastics. Plastics Today. Accessed February 11, 2026. https://www.plasticstoday.com/medical/microplastics-in-medical-devices-understanding-sources-and-potential-risks

    9. A global estimate of multiecosystem photosynthesis losses under microplastic pollution | PNAS. Accessed February 11, 2026. https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2423957122

    10. Stevenson EM, Buckling A, Cole M, Hayes A, Lindeque PK, Murray AK. Sewers to Seas: exploring pathogens and antimicrobial resistance on microplastics from hospital wastewater to marine environments. Environ Int. 2025;206:109944. doi:10.1016/j.envint.2025.109944

    11. Rafa N, Ahmed B, Zohora F, et al. Microplastics as carriers of toxic pollutants: Source, transport, and toxicological effects. Environ Pollut. 2024;343:123190. doi:10.1016/j.envpol.2023.123190

    12. Microplastics and our health: What the science says. News Center. Accessed February 11, 2026. https://med.stanford.edu/news/insights/2025/01/microplastics-in-body-polluted-tiny-plastic-fragments.html

    13. European Chemicals Agency (ECHA). REACH Restriction of Synthetic Polymer Microparticles: (Entry 78 of Annex XVII REACH, as Introduced by Commission Regulation (EU) 2023/2055). Accessed February 11, 2026. https://webgate.ec.europa.eu/circabc-ewpp/d/d/workspace/SpacesStore/7f416aa0-21ab-4b9e-9809-b5d7087c9501/download

    14. ECHA. ECHA ready to receive reports on microplastics emissions. ECHA. Accessed February 12, 2026. https://echa.europa.eu/-/echa-ready-to-receive-reports-on-microplastics-emissions

    15. Reach24h. EU Microplastic Emission Reporting System Officially Launched: First Submission Due by May 2026 - REACH24H. Accessed February 12, 2026. http://en.reach24h.com/news/industry-news/chemical/eu-microplastic-emission-reporting-system-launched

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